Sénégal: la censure de la révision constitutionnelle «consacre la victoire des institutions républicaines»
Publié le 11/07/2026 | Ajouter un commentaire
Le Conseil constitutionnel à invalidé jeudi la proposition de loi de réforme de la Constitution adopté la semaine dernière par l’Assemblée nationale. Une décision saluée par la société civile, qui y voit un signe de stabilité démocratique.

Le texte qui renforçait les pouvoirs du parlement et ceux du Premier ministre ne sera donc pas promulgué. Cette décision, acceptée par l'ensemble de la classe politique, met un point final au bras de fer qui opposait l’exécutif et le pouvoir législatif autour de cette réforme qui changeait profondément l’équilibre des pouvoirs au Sénégal.
Pour le président de l’ONG Démocratie, droits humains et développement Moundiaye Cissé, cette décision démontre la solidité de la démocratie sénégalaise. « Lorsque les institutions tiennent bon, c'est la République qui gagne. Donc, plus que le triomphe d'un camp, cette décision consacre la victoire des institutions républicaines ».
« Le président de l'Assemblée nationale ne gagne pas parce que sa loi, la révision constitutionnelle, n'est pas passée. Le président de la République ne gagne pas encore totalement parce qu'il a une volonté de faire une révision qui aussi n'est pas encore passée. Donc le blocage, les rapports de force et les confrontations ne peuvent tenir lieu de méthode de gouvernance. Seul un dialogue institutionnel sincère, respectueux des prérogatives de chacun et guidé par l'intérêt supérieur de la nation permettra d'aboutir à une réforme constitutionnelle légitime, consensuelle et durable. »
Il estime par ailleurs que les Sénégalais « n'ont pas besoin de cette guéguerre institutionnelle » et que les priorités sont ailleurs. « Il est temps de mettre le focus sur les véritables urgences : le pouvoir d'achat, l'emploi, la stabilité sociale et le bon fonctionnement des services publics. »
Le premier groupe parlementaire de l'opposition (takou walou) a salué la décision du Conseil constitutionnel assurant par la voix de l'ancienne ministre de la Justice Aïssata Tall Sall que cette décision rappelle les limites de la majorité parlementaire face à la loi.