Présidentielle au Pérou: la candidate ultraconservatrice Keiko Fujimori déclarée vainqueure, avec 50,13\%
Publié le 30/06/2026 | Ajouter un commentaire
La candidate de la droite autoritaire Keiko Fujimori a remporté le second tour de l'élection présidentielle péruvienne avec une très faible majorité de 50,13 \% des voix, a annoncé lundi 29 juin la commission électorale du pays, selon les résultats définitifs publiés sur le site internet de l'Office national des processus électoraux (ONPE). La fille du défunt dictateur Alberto Fujimori a devancé le candidat de gauche Roberto Sanchez, lors de sa quatrième candidature à la présidence.

La victoire de Keiko Fujimori, 51 ans, marque le retour du fujimorisme au pouvoir, plus de deux décennies après la fin du règne de son père Alberto Fujimori (1990-2000), qui a gouverné le pays d'une main de fer avant de tomber en disgrâce, condamné pour corruption et crimes contre l'humanité.
Ce second tour est l'un des scrutins les plus serrés de l'histoire récente en Amérique latine, l'écart final entre les deux rivaux étant de 50 000 voix sur plus de 18 millions de votants.
Le camp Fujimori attendait l'officialisation de la victoire, la candidate ayant depuis la semaine dernière une avance que son rival ne pouvait plus combler. Mais Roberto Sanchez, 57 ans, héritier politique de l'ex-chef de l'État Pedro Castillo, a laissé entendre qu'il ne reconnaîtrait pas le résultat et réclame l'annulation des votes des Péruviens à l'étranger, dénonçant des irrégularités.
Une passation de pouvoir le 28 juillet
Cette élection était censée mettre fin à la forte instabilité politique dans le pays andin, où huit présidents se sont succédé depuis 2016, sur fond de crises institutionnelles à répétition. La passation de pouvoir avec le président par intérim, José Maria Balcazar, est prévue le 28 juillet.
Figure incontournable de la vie politique du pays andin depuis plus de vingt ans, elle est l'héritière d'un nom qui continue de diviser profondément les Péruviens, fille d'Alberto Fujimori qui a gouverné d'une main de fer dans les années 1990. Candidate malheureuse à trois élections présidentielles (2011, 2016 et 2021), Keiko Fujimori semblait condamnée à rester l'éternelle finaliste. Lundi, l'autorité électorale a confirmé son accession à la magistrature suprême, trois semaines après le scrutin du second tour.
Diplômée en administration aux États-Unis, ancienne députée et dirigeante du parti Force populaire, Keiko Fujimori a grandi dans les coulisses du pouvoir, avant de devenir à 19 ans Première dame sous la présidence de son père, en raison du divorce de ses parents. Elle avait alors côtoyé chefs d'État et dirigeants du monde entier.