Sénégal : Un appel "au calme, au dialogue et à l'unité" à Dakar

Publié le 26/10/2025 | 1 commentaire

La classe politique sénégalaise appelle au calme et à la retenue. Pour cause, l'atmosphère est devenue morose ces derniers temps à Dakar, où le Premier ministre a annoncé un grand rassemblement le 8 novembre prochain. Une occasion saisie par de nombreux experts pour apporter leur contribution. Le dernier en date s'appelle Me Demba Mbaye, professeur en droit public.

"Chers compatriotes, Sœurs et Frères sénégalais,

Notre Nation, le Sénégal, a toujours été un phare de stabilité, une terre de Teranga, de dialogue et de respect mutuel. Cette réputation, bâtie par nos ancêtres, est notre héritage le plus précieux. Aujourd’hui, face aux difficultés économiques, aux frustrations sociales et aux impatiences légitimes, cet héritage nous appelle à la responsabilité.

Les défis sont réels. La cherté de la vie pèse sur nos familles. Les aspirations de notre jeunesse, vive et talentueuse, à un avenir meilleur, sont immenses et pressantes. Les débats politiques, nécessaires à notre démocratie, sont parfois vifs et passionnés. Ces tensions, nous les ressentons tous.

Mais ne laissons pas l’impatience ou la colère briser ce qui nous unit. Ne laissons pas les désaccords, quels qu’ils soient, devenir des divisions. Le Sénégal est un navire que nous partageons ; si nous le laissons sombrer dans l’instabilité, nous sombrerons tous avec lui.

L’heure n’est pas à la confrontation, mais à la construction.

Nous appelons au dialogue, encore et toujours. Le dialogue est l’ADN de notre société. Des familles aux plus hautes instances de l’État, c’est par la parole et l’écoute que nous avons toujours surmonté nos épreuves. Invitons le gouvernement, les partis politiques, les syndicats, la société civile et les forces vives de la Nation à poursuivre et à renforcer un dialogue social sincère et inclusif. Les solutions durables ne naîtront que de la concertation.

Nous appelons à la patience et à la confiance. Le changement profond, la justice sociale et la prospérité partagée que nous désirons tous ne se décrètent pas en un jour. Ils se construisent avec effort, méthode et dans la durée. Donnons une chance aux réformes engagées en faveur de la justice et de l’équité, tout en demeurant vigilants et constructifs.

Nous lançons un appel vibrant à notre jeunesse. Vous êtes la force et l’avenir de ce pays. Votre énergie est notre plus grande ressource. Ne laissez personne instrumentaliser votre frustration. Votre place n’est pas dans la destruction, mais dans la construction du Sénégal de demain. Soyez les porteurs de l’espoir, les bâtisseurs de la paix, les entrepreneurs de notre futur.

Nous en appelons à la responsabilité de chacun. Que chaque citoyen, chaque responsable politique, chaque leader d’opinion, chaque voix dans les médias et sur les réseaux sociaux mesure la portée de ses paroles. Choisissons l’apaisement plutôt que l’invective, l’argument plutôt que l’injure, l’unité plutôt que la division.

Rappelons-nous que nous sommes avant tout les enfants d’une même Nation. Nos différences sont une richesse, pas une faiblesse.

Ensemble, dans le calme, la discipline et le travail, préservons notre paix sociale — ce socle indispensable à la justice économique et à l’avenir prospère que mérite chaque Sénégalais.

Que Dieu bénisse le Sénégal."

Fait à Ziguinchor, le 26 octobre 2025
Demba FAYE, Maître en droit public
Émail : dembafaye366@gmail.com


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Commentaires

Samba

Le 27/10/2025 à 17:16

Salut mon cher, Votre contribution sur l'actualité politique du pays est le vécu, la situation, de tout sénégalais qui voyait cette alternance comme une source de soulagement après des moments d'instabilité et de violence. Malheureusement, on n'a même pas eu la chance d'observer une pause. Ce qui me donne l'idée de se poser la question, est-ce que ça ne relève pas de l'ADN de notre république. Reppelez vous, que la politique nous a coûté une dualité, complémentaire, efficace et efficiente en 1962, nous a mis des oeillères sur presque les vingt ans d'opposition de Wade, relantit notre croissance économique ses dernières années, nous voilà aujourd'hui piégé comme des ras. L'heure est grave, .....

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