États-Unis: à l'approche des midterms, la colère monte contre les caméras de vidéosurveillance Flock

Publié le 04/09/2026 | Ajouter un commentaire

Aux États-Unis, les élections de mi-mandat se tiennent dans deux mois. La protection de la vie privée s’invite dans la campagne avec une colère citoyenne contre les lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, ces caméras qui fonctionnent à l’intelligence artificielle et pullulent un peu partout sur le sol américain.

On parle de caméras Flock, du nom du leader du secteur. L’entreprise Flock en a installé plus de 120 000 dans tous le pays. Flock qui n’a commencé à travailler avec la police américaine qu’en 2020, mais qui est aujourd’hui valorisée plus de 8 milliards de dollars, grâce à sa pénétration du marché de la sécurité.

Flock équipe 40 % des agences de maintien de l’ordre. Tout le monde en veut. Aussi bien les commissariats municipaux que les shérifs de comté ou les polices d’État, comme celle du Texas, par exemple. Mais il y en a des dizaines d’autres. Sans oublier les acteurs privés, les commerçants, les copropriétés, les entreprises. Ça donne un maillage énorme qui fait que Flock d’après ses propres chiffres, scanne chaque mois plus de 20 milliards de plaques d’immatriculation.   

Profilages politiques

Ces lecteurs automatiques sont dans le paysage depuis 2020. La polémique n’enfle que maintenant à cause des abus répertoriés par le Washington Post et plusieurs ONG ces derniers mois. À l’origine, il s’agissait d’aider les enquêtes. Mais à plus de 50 reprises, des policiers se sont servis des données recueillies par les caméras Flock pour traquer leur compagne ou leur ex-compagne.

Il y a aussi des cas de profilage politique. Des agents sont allés interroger la plateforme Flock pour connaître, grâce à leurs plaques d’immatriculation, l'identité des militants venus participer à une manifestation. Et on a même un cas au Texas d’un officier ayant interrogé le système pour savoir si une femme s’était rendue dans une clinique pour pratiquer un avortement. C’est allé trop loin, si bien que des organisations citoyennes ont vu le jour pour repérer, compter et cartographier les caméras Flock et faire pression sur les élus afin de mettre fin à ces contrats. 

Des élus rompent les contrats

Des dizaines de communes ont rompu leurs liens avec Flock depuis le début du mois d’août. Le gouverneur du Texas a gelé les financements, la Floride interdit ces lecteurs sur les autoroutes, et surtout le Congrès a lancé plusieurs enquêtes puisque tout ça se fait sans contrôle, sans aucun mandat judiciaire.

Au pied du mur, Flock a réduit le temps de conservation de ses données de 30 à 7 jours. Mais c’est devenu un repoussoir pour les midterms. Les candidats qui ont passé des contrats Flock sont sommés de s’expliquer et pourraient y perdre des plumes lors du scrutin le 3 novembre. 


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