La Commission européenne somme Meta d'ouvrir WhatsApp aux outils IA concurrents
Publié le 10/02/2026 | Ajouter un commentaire
La Commission européenne dégaine une nouvelle salve à l'encontre de Meta, l'entreprise qui regroupe Facebook, Instagram et WhatsApp notamment. Les services de la concurrence de la Commission se penchent cette soit sur la messagerie WhatsApp. Ils demandent à la maison-mère d'ouvrir son service à des assistants basés sur l'intelligence artificielle autres que les siens. Le groupe américain a d'ores et déjà dénoncé une « logique faussée » de la Commission.

En octobre 2025, l'annonce de changements des conditions d'utilisation de WhatsApp avait déclenché une enquête de la Commission européenne, rappelle notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Entrées en vigueur le 15 janvier 2026, les nouvelles conditions empêchent les entreprises d'utiliser des services d'intelligence artificielle (IA) indépendants. Ces services sont symbolisés par un petit cercle bleu-rose, apparu il y a quelques mois dans l'interface de l'application, et qui dirige vers un assistant virtuel maison : Meta AI avec Llama 4.
Selon la Commission, en imposant sa propre intelligence artificielle, Meta abuse de sa position dominante sur un marché émergent qui promet « des innovations incroyables » aux consommateurs. Bruxelles craint que le verrouillage actuel provoque « des dommages sérieux et irréparables ». Elle donne une chance à Meta de corriger la situation mais prévient qu'elle pourrait imposer des « mesures provisoires ». « Nous ne pouvons pas permettre aux entreprises technologiques dominantes d'exploiter illégalement leur position dominante pour s'octroyer un avantage indu », a souligné Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission chargée de la Concurrence.
Meta a déjà subi de lourdes amendes européennes pour ses filiales Facebook et Instagram, et ce nouveau bras de fer risque d'accroître le déplaisir de la Maison Blanche, hostile à l'interventionnisme des règlementations européennes sur internet. Un porte-parole de Meta a déjà indiqué que « l'Union européenne n'a aucune raison d'intervenir » dans ce dossier.