«C'est déjà une étape»: les victimes françaises d'abus dans l'Église attendent le pape Léon XIV
Publié le 08/08/2026 | Ajouter un commentaire
C'est une rencontre hautement symbolique qui est prévue. Léon XIV va s'entretenir avec des victimes de violences sexuelles dans l'Église lors de son prochain déplacement en France, a annoncé vendredi 7 août 2026 le Vatican. L'entrevue aura lieu entre le 25 et le 28 septembre 2026. C'est un pas de plus vers la reconnaissance par le Saint-Siège des violences sexuelles systématiques dans les établissements catholiques. Némès Ehongo-Grasset, victime de Notre-Dame de Bétharram, espère que le pape a conscience de « l'ampleur du problème ».

« Les baffes, c'était pour détruire », lâchait Némès Ehongo-Grasset en février, la gorge nouée, à nos confrères de Mediapart. Cet homme était élève, à la fin des années 1980, à Notre-Dame de Bétharram, cette école catholique du sud-ouest de la France où des générations d'enfants ont subi viols et châtiments corporels pendant des années. Il fait partie d'un collectif de victimes. Son association a demandé, dès le mois de mai, une rencontre avec le pape lors de son prochain voyage en France.
Le souverain pontife est attendu au tournant. Némès Ehongo-Grasset aspire à ce que Léon XIV « démontre qu'il a vraiment pris l'ampleur du problème ». « Tous les actes, au plus haut niveau, qui vont dans le sens de la reconnaissance des victimes, représentent déjà une étape », confie-t-il à Marius Laffont pour RFI.
Jusque-là, son collectif n'avait pas reçu de réponse de la papauté, alors même que le siège de la congrégation de Bétharram se trouve au Vatican. Mais l'établissement catholique est loin d'être le seul lieu où des enfants ont été violentés en France. Un rapport indépendant de 2021 recensait 330 000 victimes d'abus dans l'Église rien que dans le pays. Le pape doit entendre la voix de toutes ces personnes, estime Némès Ehongo-Grasset : « Sincèrement, pour comprendre pourquoi cela arrive à une telle ampleur, à un tel niveau international, que l'Église commence à chercher au plus haut la solution ».
L'État aussi doit prendre ses responsabilités, assure le cinquantenaire. Les religieux qui travaillent avec des enfants devraient être plus et mieux contrôlés. Némès Ehongo-Grasset ne sait pas encore s'il ira à la rencontre de Léon XIV en septembre. « Je ne suis pas sûr de ma réaction », glisse-t-il.