L'abbé Pierre visé par douze nouvelles accusations de violences sexuelles, dont sept sur mineurs

Publié le 09/07/2025 | Ajouter un commentaire

Un an après les premières révélations, l'abbé Pierre est visé par douze nouvelles accusations de violences sexuelles, dont « sept concernent des personnes mineures » au moment des faits, selon un rapport publié ce mercredi 9 juillet et réalisé par le cabinet spécialisé Egaé.

L'affaire abbé Pierre a été relancée ce mardi après douze nouvelles accusations de violences sexuelles visant celui qui fut longtemps la figure iconique de la défense des personnes démunies en France. Le mouvement Emmaüs, fondé par le prêtre catholique en 1949, et la Conférence des évêques de France (CEF) ont « décidé conjointement la mise en place d'un dispositif de réparation financière à destination des victimes » de l'ecclésiastique, indique Emmaüs dans un communiqué publié avec ce rapport. Ce dernier porte à 45 le nombre de témoignages visant le prêtre décédé en 2007.

Parmi les témoignages anonymisés, le rapport cite ceux de deux sœurs, dont l'une a « fait état d'une masturbation de l'abbé Pierre sur son sexe alors qu'elle venait d'avoir 11 ans », au milieu des années 1970. Sa sœur « lui a confié avoir subi une fellation forcée à ses 15 ans », ce qui relève du viol. Une autre victime a décrit dans un mail « au moins trois faits de violences sexuelles lorsqu'elle avait 10 ans » dans les années 1990, selon le compte-rendu d'activité de la ligne d'écoute dédiée aux victimes de l'abbé Pierre entre janvier 2025 et juillet 2025.

Une autre encore, âgée de 17 ans à l'époque, « a subi un contact entre ses cuisses, sous sa jupe » alors qu'elle voyageait en train dans le wagon de l'abbé Pierre en 1953. À son arrivée, les sœurs qui l'ont accueillie « lui ont dit qu'elle avait tout imaginé », rapporte le cabinet.

Deux dispositifs de réparation mis en place pour soutenir les victimes

Le dispositif de réparation financière, pour sa part, « sera porté par la Commission reconnaissance et réparation (CRR) », une instance mise en place par la CEF après les révélations, en 2021, sur la pédocriminalité dans l'Église depuis les années 1950, précise le communiqué. Ce dispositif, opérationnel à compter de septembre 2025, « sera entièrement financé par les fonds propres du mouvement Emmaüs et ceux de la CEF ».

Le principe est celui de « responsabilité partagée », car « à partir de 1954, l'abbé Pierre devient une figure publique associée à la fois à son sacerdoce et à son rôle dans la fondation d'Emmaüs », ajoute le communiqué. L'autre instance de réparation mise en place par l'Église, l'Inirr, s'est elle engagée à « prendre en charge la réparation pour les trois victimes de l'abbé Pierre qui l'ont déjà contactée », assure Emmaüs. La CRR et l'Inirr recueillent les témoignages de victimes et proposent une réparation financière pouvant aller jusqu'à 60 000 euros.

Dans le « travail de transparence » engagé depuis la révélation des premières accusations, en juillet 2024, Emmaüs rappelle avoir créé en interne une commission de recherche dont le rapport est attendu « début 2027 ». « Désormais, une nouvelle phase s'ouvre, avec un dispositif complet au service des victimes », assure l'association de lutte contre la pauvreté.

Un an de révélations sur le comportement « problématique » de l'abbé Pierre

Le scandale visant l'abbé Pierre, qui a grossi au fil des trois rapports publiés en juillet 2024, septembre 2024 et janvier 2025, a eu des répercussions profondes pour Emmaüs comme pour l'Église de France. La Fondation Abbé Pierre, que le prêtre avait créée avec des proches en 1987, a ainsi changé de nom le 25 janvier, pour devenir la « Fondation pour le logement des défavorisés », puis de logo en mars.

Emmaüs France a fermé définitivement le lieu de mémoire dédié au prêtre, à Esteville (Seine-Maritime). Et des centaines de rues, places et bâtiments ont été débaptisés

Du côté de l'Église de France, les archives ouvertes mi-septembre ont montré comment, dès les années 1950, la hiérarchie épiscopale avait gardé le silence sur un comportement jugé « problématique » mais jamais nommé. Selon un livre-enquête paru en avril, le Vatican était au courant « dès l'automne 1955 » des agissements d'Henri Grouès, nom de naissance du prêtre. Mais malgré les demandes de la CEF, aucune enquête pénale ne sera ouverte pour établir des responsabilités dans ces multiples accusations, car l'abbé Pierre est décédé en 2007, et la non-dénonciation des faits est couverte par la prescription.


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