Hantavirus: «Notre travail n'est pas terminé», dit le patron de l'OMS

Publié le 12/05/2026 | Ajouter un commentaire

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé, mardi 12 mai, que le « travail » des autorités sanitaires n'était « pas terminé » après l'évacuation de plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage du MV Hondius où un foyer d'hantavirus avait été détecté.

« Notre travail n'est pas terminé », a averti le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez tenue ce 12 mai à Madrid au lendemain de la fin des opérations d'évacuation du navire de croisière MV Hontius, qui a repris dimanche soir la direction des Pays-Bas depuis les Canaries, avec une partie de son équipage encore à bord.

« Compte tenu de la longue période d'incubation du virus (...) d'autres cas » pourraient apparaître dans les semaines à venir, a martelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, disant « espérer » mardi que les pays suivront « les conseils et les recommandations » de l'OMS dans la lutte contre l'hantavirus. Les occupants du bateau évacués sont des ressortissants d'une vingtaine de pays différents.

Une quarantaine de 42 jours

« L'OMS dispose de directives claires », a-t-il rappelé avant d'évoquer « la question de la souveraineté » nationale. « Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander », a-t-il poursuivi. « La recommandation de l'OMS est qu'elles (les personnes évacuées) soient suivies activement, dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile, pendant 42 jours à compter de la dernière exposition, qui est le 10 mai, ce qui nous amène au 21 juin », a-t-il détaillé.

« Je comprends parfaitement que la population de Tenerife ait pu être préoccupée par le débarquement, sur ses côtes », a-t-il encore dit. « Le risque est faible, tant pour la population de Tenerife qu'à l'échelle mondiale, et tous nos efforts au cours de la semaine écoulée ont visé à le maintenir à ce niveau », a-t-il ajouté, disant prendre « la situation très au sérieux ».

« Le monde n'(avait) pas besoin de plus d'égoïsme, ni de plus de peur »

De son côté, le Premier ministre espagnol a salué la réussite de cette opération : « Le monde n'(avait) pas besoin de plus d'égoïsme, ni de plus de peur », a-t-il lancé, une allusion aux réticences de certains en Espagne, et en particulier aux Canaries, qui refusaient d'accueillir le navire pour procéder à son évacuation. « Ces derniers jours, nous avons entendu de nombreux représentants publics se demander pourquoi le pays africain du Cap-Vert n'accueillait pas l'opération », a rappelé le chef du gouvernement, faisant référence sans le citer au président régional des Canaries notamment.

« Mais pour nous, il était clair que ce n'était pas la question, que la vraie question en était une autre (...) Pourquoi ne viendrions-nous pas en aide à ceux qui en ont besoin si nous en avons les moyens ? », a-t-il ajouté. Le navire, reparti le lundi 11 mai au soir avec une partie de son équipage, est attendu aux Pays-Bas, mais pas avant dimanche soir.

Le passager espagnol du Hondius rapatrié le dimanche 10 mai à Madrid où il a été diagnostiqué positif à l'hantavirus, a désormais des symptômes, fièvre et difficultés respiratoires, mais reste dans un état stable, a annoncé aujourd'hui le ministère de la Santé. « Le patient dont le test provisoire à l'hantavirus est positif présente un léger état fiévreux et des symptômes respiratoires, bien que [son état] soit stable et sans aggravation clinique évidente », ont indiqué les autorités sanitaires. Ce patient, dont on ignore l'âge, se trouve à l'isolement dans un hôpital militaire de Madrid, à l'instar des treize autres Espagnols évacués du bateau. Tous ont été soumis à un test PCR et seul un d'entre eux a été positif.

Les règles d'isolement durcies en France

Un cas contact à l'hantavirus a été identifié à Concarneau (Finistère). Celui-ci a été transféré mardi matin au CHU de Rennes, a indiqué à l'AFP le maire de la ville, dans un contexte de durcissement des règles d'isolement en France. « Je viens d'avoir confirmation il y a quelques instants que la personne est en cours de transfert ce (mardi) matin » au CHU de Rennes, a déclaré Quentin Le Gaillard, maire de la ville portuaire bretonne. Cette information a été confirmée par la préfecture d'Ille-et-Vilaine. Le maire a souligné qu'il ne connaissait pas l'identité de l'homme ni la façon dont il était devenu cas contact.

Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une « quarantaine renforcée en milieu hospitalier » pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, le MV Hondius, hospitalisée « dans un état stable » à Paris selon le gouvernement. La ministre de la Santé a fait état lundi d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg et 14 à bord du vol Johannesburg-Amsterdam du même jour. Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondiusl'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.


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