Pérou: les menaces du président Kast n'émeuvent pas grand monde à la frontière avec le Chili

Publié le 04/05/2026 | Ajouter un commentaire

Le Chili construit un mur à sa frontière avec le Pérou et espère freiner l’immigration illégale. Maintenant élu, le président d’extrême droite chilien José Antonio Kast a promis d’expulser « tous » les migrants illégaux du pays. En réaction, le Pérou voisin a déclaré l’état d’urgence et s’est préparé à recevoir des vagues migratoires aux postes-frontières. Mais deux mois après le changement de gouvernement au Chili, la situation n’a pas bougé à la frontière.

Dans ses premiers jours à la présidence, le président chilien José Antonio Kast a lancé la construction de tranchées aux frontières avec le Pérou et la Bolivie pour freiner les entrées irrégulières, et suspendu les procédures de régularisation d'environ 180 000 étrangers.

Et c’est en hélicoptère que patrouille la police péruvienne le long de sa frontière avec le Chili. Le général péruvien Francisco Ninalaya-Martínez, jumelles en main, note tout ce qu’il se passe à la frontière entre les deux pays. « Là on peut voir les lignes des tranchées devant le futur mur et des patrouilles chiliennes. Le mur devrait faire entre 12 et 17 kilomètres », explique-t-il au micro de notre correspondant à Lima, Martin Chabal

Mais au sol, le général assure que son travail ici n’a pas changé, même depuis l’arrivée de Kast à la tête du Chili. « Je ne crois pas que le mur change grand-chose. Pour l’instant ça n’affecte pas le flux migratoire déjà existant, ajoute-t-il. En tout cas, ces derniers jours il n’y a pas eu d’arrivée massive de migrants. »

Un état d'urgence pour contrôler l'immigration

Si l’état d’urgence a été mis en place pour le contrôle migratoire, il est désormais plus utile pour combattre le crime organisé à la frontière. « L’état d’urgence nous permet d’avoir plus d’effectifs et de pouvoir combattre le trafic de drogues, le trafic d’armes, le trafic de migrants aussi, mais tout type de délit à la frontière », conclut Francisco Ninalaya-Martínez.

La promesse du président chilien José Antonio Kast d’expulser plus de 330 000 migrants illégaux, qui avait poussé le Pérou à réagir après son élection, n’inquiète plus vraiment de ce côté de la frontière.

La favorite de la présidentielle au Pérou, Keiko Fujimori, a, elle, promis d'expulser les migrants en situation irrégulière. La fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000) a axé sa campagne sur la promesse de mettre fin à la montée de la criminalité, principale préoccupation des Péruviens, qu'elle associe à l'immigration irrégulière. « Nous expulserons les ressortissants en situation irrégulière », a-t-elle assuré à l'AFP en avril, promettant aussi d'envoyer l'armée dans les prisons et de réformer en profondeur le système judiciaire. Keiko Fujimori a déjà promis durant sa campagne un durcissement du contrôle des frontières et de rétablir les « juges sans visage », des magistrats anonymes utilisés sous le régime de son père, une pratique controversée.


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