Plus de 25 000 personnes manifestent en France pour réclamer "justice pour Sarah Halimi"

Plus de 25 000 personnes sont rassemblées à Paris et dans plusieurs villes de France, dimanche, selon les autorités, afin de réclamer justice pour Sarah Halimi. Cette mobilisation fait suite à la décision de la Cour de cassation, mi-avril, qui a confirmé l’irresponsabilité pénale de l’homme ayant tué cette femme juive en 2017 à Paris.

 

"Pas de droit sans justice", "Justice pour Sarah Halimi". Plus de 25 000 personnes se sont rassemblées dimanche 25 avril en France, et notamment à Paris, à l'initiative de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive, pour contester l'absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi en 2017.

Ils étaient plus de 20 000 dans la capitale, a indiqué en fin de journée le ministère de l'Intérieur, et plus de 6 200 en province.

Sous le mot d'ordre "Sans justice pas de République", les manifestants parisiens se sont retrouvés place du Trocadéro à l'initiative d'un collectif, "Agissons pour Sarah Halimi". 

Les messages "Pas de droit sans justice", "Justice défoncée ?" ou "Justice pour Sarah Halimi" étaient écrits sur des pancartes brandies dans la foule. "La clameur est montée et l'espoir est revenu. L'espoir, c'est vous ici", a lancé à la tribune le frère de Sarah Halimi [aussi appelée Lucie Attal], William Attal.

 

Des personnalités dont Yvan Attal, Pascal Légitimus, Alexandre Arcady ou Cyril Hanouna ont témoigné de leur "solidarité" envers la famille Halimi et appelant à "changer la loi", via des messages diffusés sur un écran géant.

Un projet de loi visant à "combler un vide juridique"

Cette mobilisation fait suite à la confirmation, le 14 avril, par la Cour de cassation, de l'irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, hospitalisé en psychiatrie depuis ce crime. La plus haute juridiction de l'ordre judiciaire a entériné le caractère antisémite du crime, mais confirmé l'impossibilité de juger le meurtrier, compte tenu de l'abolition de son discernement lors des faits. 

Selon les sept experts psychiatriques qui l'ont examiné, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, était en proie à une "bouffée délirante" lorsqu'il a tué sa voisine de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi.

La cour d'appel de Paris avait conclu à l'existence d'un trouble psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, ce que la Cour de cassation a jugé conforme au droit.

Peu avant le rassemblement parisien, dimanche, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a annoncé la présentation "fin mai", en Conseil des ministres, d'un projet de loi sur l'irresponsabilité pénale, visant à "combler" un "vide juridique". 

Avec la future nouvelle loi, "si justice n'a pas été rendue pour Sarah Halimi, elle sera rendue grâce à Sarah Halimi", a lancé au micro Jonathan Behar, l'un des organisateurs du rassemblement.

Une loi Sarah Halimi ? 

L'impossibilité d'un procès avait suscité une très forte incompréhension au sein d'une partie de la communauté juive française, ciblée par plusieurs attaques meurtrières ces dernières années. 

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a souhaité que la future loi porte le nom de Sarah Halimi : "C'est une forme d'hommage qui lui serait rendu, faute de lui avoir rendu justice." 

Entre 1 500 et 2 000 personnes, selon la préfecture de police, ont défilé dimanche à Marseille vers le Palais de Justice où avait été accroché une banderole "Justice pour Sarah". En tête de cortège étaient présents les élus Les Républicains Martine Vassal, qui dirige le Département et Renaud Muselier, président de la Région.

À Strasbourg, environ 600 manifestants, selon la préfecture, se sont rassemblés sur le parvis de la grande Synagogue de la Paix. "Je vous appelle à rester digne face à ce qui ressemble à un déni de justice", leur a déclaré Maurice Dahan, président du Consistoire israélite du Bas-Rhin.


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