Guinée : remise de peine pour l'ancien Premier ministre, condamné pour corruption

Publié le 03/07/2026 | Ajouter un commentaire

Jeudi, une cour d'appel a réduit la peine de prison infligée à l'ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana, qui avait été reconnu coupable, notamment, d’enrichissement illicite et de blanchiment d'argent.

Cette instance a réduit la peine de Fofana à trois ans et neuf mois, alors qu’un tribunal spécial chargé des délits financiers (CRIEF), mis en place peu après un coup d’État militaire, l’avait initialement condamné, en février 2025, à cinq ans de prison.

M. Fofana, incarcéré depuis avril 2022, a dirigé le gouvernement sous la présidence civile d'Alpha Condé de mai 2018 jusqu'à la prise de pouvoir par l'armée en septembre 2021.

Il avait initialement été reconnu coupable de trois chefs d'accusation, mais a été acquitté jeudi du détournement de fonds publics.

L'ancien Premier ministre ne s'est pas présenté au tribunal, invoquant des problèmes de santé, et il devrait être libéré prochainement, après avoir purgé sa peine en détention dans une clinique.

La chambre d'appel l'a également condamné à verser trois milliards de francs guinéens (environ 340 000 dollars) à l'État et a ordonné la confiscation d'une partie de ses avoirs.

M. Fofana a été accusé d'avoir détourné 15 milliards de francs guinéens destinés à des mesures de lutte contre la Covid-19 et à des programmes économiques et sociaux.

Il faisait partie des nombreux anciens dirigeants, personnalités de l'opposition et membres de la société civile qui ont été placés en détention ou traduits en justice après la prise de pouvoir par la junte militaire, qui avait promis de lutter contre la corruption endémique.

En décembre, le chef de la junte, Mamady Doumbouya, a été élu président pour un mandat de sept ans à l'issue d'un scrutin dont toute opposition sérieuse avait été exclue.

Sous le régime de Doumbouya, plusieurs partis politiques ont été suspendus.

Les manifestations, interdites depuis 2022, ont été dispersées, tandis que les dirigeants de l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme ont été arrêtés, condamnés ou contraints à l'exil.

Les enlèvements ou disparitions de militants de l'opposition se sont également multipliés.


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