Le Niger engage des poursuites judiciaires contre le géant de l'uranium Orano

Publié le 05/02/2026 | Ajouter un commentaire

Les militaires au pouvoir au Niger ont décidé de poursuivre le géant français de l'uranium Orano en justice pour destruction écologique.

Il s’agit là du dernier événement dans l’affaire qui oppose le Niger et la France. Après avoir pris le pouvoir lors d'un coup d'État en 2023, les autorités militaires nigériennes ont nationalisé la filiale locale d'Orano, dans le cadre d'un mouvement plus large visant à s'éloigner de Paris. Le pays a choisi de se tourner vers d'autres alliés tels que la Russie.

Orano, détenue à 90 % par l'État français, a déjà engagé plusieurs procédures judiciaires contre le Niger, accusant les autorités militaires de confisquer ses actifs dans le pays sahélien.

En annonçant la contre-poursuite mercredi, le ministre de la Justice nigérien, Alio Daouda, a accusé l'entreprise française d'avoir « provoqué une catastrophe écologique au Niger » déplorant la contamination de terres nigériennes par des déchets toxiques engendrés par l'exploitation minière », mentionnant la présence de près de 400 barils de déchets radioactifs.

« Le Niger a décidé d'engager des poursuites judiciaires contre Orano... devant les tribunaux nationaux et étrangers afin d'obtenir une condamnation et des réparations pour les dommages subis », a déclaré M. Daouda.

Quelques mois après avoir décrété la nationalisation forcée de Somair, la filiale nigérienne d'Orano, la junte nigérienne a annoncé en novembre qu'elle souhaitait vendre sur le marché international l'uranium produit par les mines anciennement exploitées par la société française.

Quelques jours plus tard, Orano a averti qu'une cargaison d'au moins 1 000 tonnes de yellowcake, ou uranium concentré, avait quitté la mine d'Arlit, dans le nord du Niger, auparavant partagée entre le groupe français et l'État nigérien.

La cargaison radioactive est bloquée depuis plusieurs semaines à l'aéroport de Niamey, théâtre d'une attaque djihadiste dans la nuit du 28 au 29 janvier revendiquée par le groupe État islamique.

Orano a récemment promis de poursuivre son action en justice contre le Niger, ainsi que contre « toute personne souhaitant mettre la main » sur le stock d'uranium bloqué, qu'elle estime à 300 millions d'euros (354 millions de dollars).

L'uranium a été découvert pour la première fois au Niger en 1957 sous la domination française, et son exploitation a commencé en 1971. Le pays a produit 3 527 tonnes de ce métal radioactif en 2023, soit 6,3 % de la production mondiale, selon la publication spécialisée Globaldata.


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