Ouverture d'une permanence juridique dédiée aux étudiants étrangers en situation irrégulière

Les étudiants sénégalais en situation irrégulière en France vont certainement pousser un « ouf » de soulagement. Le chef du Service de Gestion des Etudiants sénégalais à l’Etranger (SGEE), Moïse Sarr, a procédé à l’ouverture officielle d’une permanence juridique qui leur est dédié, fruit d’un partenariat signé avec « Josepha Consulting ».

La cérémonie a eu lieu mercredi 26 avril, à Paris, dans les locaux du SGEE. L’objectif est d’accompagner les étudiants sans-papiers dans leurs démarches administratives en vue de l’obtention d’un titre de séjour.


« Je ne vois pas ma mission sous le seul angle de la gestion des bourses : payer, couper ou annuler. Je veux développer beaucoup de services, que je pourrais appeler missions optionnelles. Se limiter au paiement des allocations, c’est refuser d’être ambitieux. Nous pouvons développer beaucoup de choses liées directement ou indirectement à la réussite de nos étudiants. Aider l’étudiant à trouver un logement adéquat, l’accompagner dans la recherche de stages pour valider son cursus, les démarches administratives pour l’obtention du titre de séjour…», s’engageait Moïse Sarr, chef du Service de Gestion des Etudiants sénégalais à l’Etranger (SGEE), à l’occasion du lancement du système de parrainage des étudiants inscrits en classes préparatoires aux grandes écoles, samedi 23 janvier 2016, à Paris, à l’ambassade du Sénégal, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane.
C’est donc pour traduire cette volonté exprimée de « développer beaucoup de services » que le parton du SGEE a procédé à l’ouverture officielle d’une permanence juridique dédiée à l’accompagnement des étudiants en situation irrégulière, mercredi 26 avril, dans les locaux de son service, à Paris.
«Nous sommes partis d’un constat : certains de nos étudiants se retrouvent soit par ignorance, soit par négligence en situation irrégulière ; ou parce qu’ils sont venus par voies détournées. Comme il y avait des sollicitations pour un accompagnement, nous nous sommes dit, dès l’instant qu’ils sont étudiants, allocataires ou non, nous avons l’obligation morale de les accompagner pour régulariser leur séjour, a expliqué Moïse Sarr. Jusque-là, a-t-il poursuivi, nous utilisions le cachet diplomatique pour saisir les préfets et sous-préfets pour demander une intervention bienveillante. A un certain moment, nous nous sommes aussi dit, il y a une réforme du droit des étrangers en France, il y aussi des éclairages que certains orfèvres du droit peuvent apporter alors pourquoi ne pas combiner les deux actions. C’est dans cette optique que nous signé un partenariat avec « Josepha Consulting », qui a une certaine expertise dans le domaine. Désormais, certains étudiants seront accompagnés via ce dispositif et quand ça bloque, on peut demander aussi un examen bienveillant », a-t-il précisé.
A en croire Moïse Sarr, « Josepha Consulting » a produit des résultats satisfaisants lors de la phase expérimentale, qui a duré dix-huit mois. « Nous avons pu lever des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Sur les quatorze dossiers déposés, nous avons eu neuf réponses favorables. Deux autres dossiers sont aujourd’hui en bonne voie. Il faut d’ailleurs se féliciter du fait que certains étudiants ont obtenu un titre de séjour pluriannuel. C’est cette expérience assez positive qui nous a poussés à lancer officiellement cette permanence juridique », a-t-il expliqué.
« Cette belle initiative est un renforcement de ce que nous faisons dans l’accompagnement des étudiants sénégalais. Le chef du service a bien fait de nouer un partenariat avec « Josepha Consulting », s’est réjoui Mamadou Lamine Sané, attaché administrative au SGEE. Il a aussi tenu à remercier Moïse Sarr pour avoir renforcé ses « pouvoirs, car il a compris toute l’importance que requiert l’accompagnement social des étudiants», a-t-il argumenté.
« Tous les mercredis du mois, de 14h à 18h, Mme Tavarez de « Josepha Consulting » et ses collaborateurs recevront les étudiants au SGEE. Tous les jours, il y aura une permanence téléphonique. Mme Tavarez recevra également les étudiants dans ses locaux », renseigne Moïse Sarr.
Les étudiants présents à la cérémonie ont salué l’ouverture de la permanence juridique. C’est le cas de Sounkoung Tandian, étudiant en Master 2 en Nutrition, Qualité et Santé, à l’UPMC (Université Pierre-et-Marie-Curie). En situation irrégulière, il ne désespère pas de brandir, un jour, son titre de séjour, grâce à l’appui du SGEE et de son partenaire. Visiblement ému, l’étudiant a aussi tenu à évoquer son histoire personnelle pour, dit-il, illustrer « l’excellent travail » que Moïse Sarr et son équipe abattent. « J’ai obtenu ma licence l’UCAD (Université Cheikh Anta Diop) avant de venir en France avec un visa court séjour. Du coup, je n’étais pas autorisé à m’inscrire dans les universités. Ma situation était d’autant plus difficile que je n’avais pas de soutien. Alors, j’ai pris l’initiative de venir au SGEE, rencontrer M. Sarr, qui m’a orienté vers M. Sané. Ce dernier m’a demandé de faire le point sur ma situation dans une lettre (...) Grâce au soutien du SGEE, j’ai pu avoir une inscription à l’UPEC (Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne) », a-t-il dit.


Cheikh Sidou SYLLA


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